Les Louves de Virginia

A travers la parodie, celle d’un clip de rap, vecteur d’obédience plutôt
masculine en France et parole de révolte, Les Louves de Virginia cherchent à parler avec humour de la place des femmes dans la société.

BauBô

Le rap en France est vu comme un art viril (que ce soit par les productions qui signent dans l’immense majorité des artistes mâles ou par le public qui portent les rappeurs mais oublient les rappeuses). À ce jour, ce qui nous est proposé dans le cadre du rap, c’est de singer les rappeurs. Nous devons rester en conformité avec le mouvement dominant mais malgré cela, la peine est la même, que nous soyons conforme au rap proposé ou pas, nous sommes ostracisées. Il ne reste qu’à créer quoi qu’il arrive. Ni muse, ni objet.

http://humanbaubo.blogspot.com/

 

Rim Battal

Installation photographique

Corps à corps

Rim Battal y met son corps en scène et à travers des gestes simples, explore les postures communes entre les figures de la mère et de la putain. Elle donne à voir une maternité qui s’observe, sulfureuse et subversive, sans jamais se départir d’une certaine pudeur.

Corps à corps est une série de photographies, d’installations et de textes de Rim Battal où lait maternel, fruits cousus sommairement ou brodés avec délicatesse, seins révélés face caméra ou face miroir, mots d’amour sur panneaux feuille d’aluminium, révèlent un corps maternel sexué, désirant, une mother who likes to fuck.

Compagnie Aziadé

Art scénique

Les crieuses publiques

Filles du rock et du boniment, les Crieuses réveillent la criée publique! Invitant avec gourmandise chacun à s’exprimer, annonces, coups de gueule ou mots d’amour, elles prêtent leur voix aux mots des spect’auteurs. Un spectacle survolté, interactif et musical.

Les Crieuses Publiques sont un duo féminin et burlesque. Les crieuses alternent chansons, criées, quizz et « cri-thérapie » avec l’ambition d’amener le public à s’exprimer de l’écrit jusqu’aux cris. Non sonorisées, elles distribuent papier et stylos aux spectateurs et crient leurs messages : petites annonces, grandes déclarations, coup de gueule, offre d’emploi…et tout message digne d’être crié !
Un moment d’expression rare, utile et libérateur, le plus souvent touchant et plein d’humour !

©Frédéric Blancot

 

ORLAN

Tentative pour sortir du cadre avec masque, photographie noir et blanc, 1965

ORLAN est une des plus grandes artistes françaises reconnue à l’internationale. Elle utilise la sculpture, la photographie, la performance, la vidéo, la 3D, les jeux vidéo, la réalité augmentée ainsi que les techniques scientifiques et médicales comme la chirurgie et les biotechnologies.

ORLAN change constamment et radicalement les données, déréglant les conventions, les prêt-à-penser. Elle s’oppose au déterminisme naturel, social et politique, à toutes formes de domination, la suprématie masculine, la religion, la ségrégation culturelle, le racisme…

Toujours mêlée d’humour, parfois de parodie ou même de grotesque, son œuvre provocante peut choquer car elle bouscule les codes préétablis.

ORLAN a reçu le prix de l’E-réputation, désignant l’artiste la plus observée et commentée sur le web.
En octobre 2017, ORLAN a reçu le prix de l’Excellence féminine pour toute son œuvre d’artiste par le Ministère Des Affaires Étrangères Italien.

Le Baiser de l’Artiste. 225,5 x 170 x 70 cm. Sculpture et piédestal du Baiser de l’artiste, photographies noir et blanc, socle en bois, fleurs, cierges, lettres en plastique, chaise, bande sonore, 1977

Typhaine D

Théâtre Spectacle Vivant

Contes à Rebours

Les Héroïnes connues des contes de fées de notre enfance ont été écrites et décrites par des hommes, qui ont trop souvent dépeint leurs fantasmes masculinistes de ce que devaient être les femmes selon eux, en terme de soumission, d’esclavage domestique et sexuel, de dictat de beauté, de passivité, etc. Dans « Contes à Rebours », ces Héroïnes ne sont plus l’objet de la création, mais redeviennent sujets. Elles prennent la parole pour raconter leurs histoires à l’endroit, d’une manière qui leur rende justice, et s’allient, en sororité, pour s’émanciper. Elles ne sont plus des muses abusées et désabusées, elles fusent, elles diffusent, elles s’amusent. Leur temps n’est plus compté [conté], elles ont des contes [comptes] à régler !

Pour retrouver les actualités de Typhaine D, spectacles, livres, vidéos, conférences, coaching, etc : www.typhaine-d.com ;


©Nora Hegedüs

 

Julie Clavier et Claire Gosnon

Arts graphiques / Bande Dessinée

Dédicace de planches originales de la BD sur le harcèlement de rue avec Julie Clavier et Claire Gosnon : Liberté, égalité, fous moi la paix !

Les autrices seront présentent au Féministival pour une séance de dédicace, pour discuter du harcèlement de rue avec toutes les personnes présentes, et recueillir d’autres témoignages. Le lien avec la thématique est que le harcèlement de rue existe entre autre parce que le corps de la femme est montré, objectivé, en permanence dans les publicités et les médias. Le harcèlement de rue a aussi le même terreau que toutes les autres formes de violences (harcèlement au travail, violences conjugales…). De plus, leur BD met en avant des situations vécues par des femmes, qui ont un jour osé répondre au harceleur, ou qui ont des astuces pour s’en défaire. Elle montre une image de la femme active et non plus seulement victime.

Liberté, égalité, fous moi la paix !


Dédicace de planches originales de la BD sur le harcèlement de rue avec Julie Clavier et Claire Gosnon : Liberté, égalité, fous moi la paix !

Les autrices seront présentent au Féministival pour une séance de dédicace, pour discuter du harcèlement de rue avec toutes les personnes présentes, et recueillir d’autres témoignages. Le lien avec la thématique est que le harcèlement de rue existe entre autre parce que le corps de la femme est montré, objectivé, en permanence dans les publicités et les médias. Le harcèlement de rue a aussi le même terreau que toutes les autres formes de violences (harcèlement au travail, violences conjugales…). De plus, leur BD met en avant des situations vécues par des femmes, qui ont un jour osé répondre au harceleur, ou qui ont des astuces pour s’en défaire. Elle montre une image de la femme active et non plus seulement victime.

Mot de soutien de Clarence Edgard-Rosa marraine du Féministival 2018

Les femmes doivent-elles être à poil pour avoir leur place au musée ? C’est la question que pose le collectif d’activistes Guerrilla Girls depuis les années 80. Depuis, ça n’a pas beaucoup bougé : les femmes sont majoritaires dans les écoles d’art mais quasi-inexistantes dans les manuels qu’elles étudient ; elles sont partout exposées comme muses mais leur travail est ultra minoritaire dans les musées. Est-ce à dire qu’elles sont nulles, comme le suggérait en 2015 le plasticien allemand Georg Baselitz ? “Les femmes ne savent pas bien peindre, c’est un fait”, balançait-il avec force mépris… Complètement à côté de la plaque.

A l’exception de quelques grandes dames qui semblent forcées de représenter à elles seules le genre féminin tout entier, l’histoire de l’art n’en n’a que pour les hommes. “On a supprimé les femmes des écrits sur l’art au XIX siècle. Alors, naturellement, dans les années 1960, au moment où cette discipline se popularise, les guides qui lui sont consacrés ne mentionnent aucune femme”, m’a un jour expliqué l’historienne de l’art Anne Larue, auteure du formidable Histoire de l’art d’un nouveau genre, (aux éditions Max Milo, 2014). Des fresques médiévales au Bahaus, pourtant, les artistes ne sont pas que mâles – mais l’histoire de l’art est, pour les femmes, une grande et longue succession de bâtons dans les roues et d’invisibilisation. Les femmes, en fait, on les aime quand même plus dans le rôle de modèles. A la Renaissance – c’est à dire pile au moment où la peinture acquiert ses lettres de noblesse – on leur interdit de voir un modèle masculin nu (ce qui les exclut de fait des classes d’anatomie humaine), de faire de la peinture historique (le plus prestigieux des genres), d’accéder aux académies (va faire carrière depuis ta chambre)… Pratique : elles peuvent donc peindre des coquillages, des animaux, des fleurs. Les voilà assignées au mignon, au minuscule, à tout ce qui passe inaperçu, tout ce qui est méprisé. Comme Properzia de Rossi, une sculptrice de la Renaissance capable de faire des choses extraordinaires, pourtant réduite à gagner sa vie en sculptant des noyaux de pêche.

Vous saviez, vous, que le célèbre peintre Le Tintoret s’était subitement arrêté de peindre à la mort de sa fille, Marietta Robusti ? Dans les livres d’histoire de l’art, on lit qu’il était tellement consumé par le chagrin qu’il ne pouvait plus toucher un pinceau… Mouais. On sait aussi que lorsque le roi d’Espagne et l’empereur d’Autriche ont sollicité Marietta pour son propre talent, son père a refusé de la laisser partir, préférant la marier et la garder près de lui. Il faut dire qu’elle signait ses oeuvres du nom de son daron… Hasard ? Je ne crois pas. Dans ce contexte extrêmement hostile, certaines artistes posent pour leurs confrères pour gagner leur vie… et l’histoire retient leur rôle de modèle plus que leur travail. C’est le cas d’un nombre incalculables d’artistes fabuleuses que le monde retiendra pour la rondeur de leur cul ou la joliesse de leur minois. Comme Elizabeth Siddal, peintre du XIXe siècle qui n’a pas été enregistrée comme telle mais comme objet de légendes romantiques. Après avoir posé pour Millais dans une baignoire (mais si, vous savez, Ophélie), elle aurait attrapé un coup de froid fatal : ni une ni deux, on qualifie sa mort de “sacrifice de muse” pour le grand maître. Rossetti, qui l’a aussi fait poser, la décrit comme une créature surnaturelle, le corps intact des années après sa mort, ses longs cheveux roux continuant de pousser. On aurait aussi pu s’intéresser à son oeuvre, mais… Non.

Quand l’association féministe Les Effronté-e-s m’a annoncé que le thème de leur prochain festival culturel – Le bien nommé Féministival – était “ni muse ni objet”, j’étais ultra enthousiaste. Quand elles m’ont demandé d’en être la marraine, j’ai évidemment accepté sur le champs ! Les 29 et 30 septembre, donc, on débattra de ces questions passionnantes avec des femmes qui le sont tout autant, et on célébrera les artistes femmes à travers des expos, performances, projections et concerts. Lauren Bastide y animera une première table ronde (qui sera l’occasion d’un podcast inédit de La Poudre) ; j’animerai la seconde – on se demandera s’il existe un art féminin : un “female gaze”. Je suis très fière de défendre ce bel évènement. Un week-end fait d’arts, de débats, de meufs inspirantes, de guitares qui crient et de sororité – tout ce que j’aime, en fait.

Alors certes, septembre c’est loin. Mais ce serait une très mauvaise idée de rater ces joyeusetés féministes qui auront lieu à Paris alors, faites moi plaisir, notez-le tout de suite et pis basta. On se voit en septembre !


Retrouvez l’article sur son délicieux blog  Poulet Rotique